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Le triangle Bio-Info-Nano-Technologie

Sommaire :

Présentation par Alain Costes - Vice-Président de l'Adermip
L'avis de cinq experts de Midi-Pyrénées
Interventions de la journée du 28 novembre 2003

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Présentation par Alain Costes
Vice-Président de l'Adermip

La décision prise par le Conseil Européen, en Mars 2001 à Lisbonne, de faire de l'Europe « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique d'ici 2010 », puis en Mars 2002 à Barcelone, d'accroître le niveau moyen d'investissement de la recherche de 1,9 % du PIB actuellement à 3 % en 2010, posent à la France un énorme défi et lui offrent une formidable chance : se positionner au cour de l'Espace Européen de la Recherche et du Développement Technologique.

L'agglomération Toulousaine et la Région Midi-Pyrénées ont tous les atouts pour relever ce défi et saisir cette chance à la condition de changer de culture et d'état d'esprit pour se diriger vers une nouvelle voie axée sur la mutualisation, la coordination et l'intégration des moyens, qu'ils soient humains ou financiers, de façon à rendre plus lisibles, plus visibles et plus attractifs ses domaines d'excellence aux niveaux national, européen et mondial.

Ce changement de culture et d'état d'esprit nous est imposé par l'Europe qui, avec juste raison, axe sa politique sur des programmes, des projets, des plates-formes technologiques, dans un objectif de mutualisation et de coordination des objectifs et des moyens afin d'atteindre la taille critique indispensable à tout positionnement de premier plan au niveau mondial ; c'est sur cette voie que nous devons aller en cessant de mettre en avant nos appartenances à telle ou telle discipline, à tel ou tel laboratoire ou Université pour mettre en avant le domaine d'activité mutualisant et regroupant toutes les compétences dans l'objectif de placer Toulouse - Midi-Pyrénées sur le podium européen de tête du domaine concerné.

Une analyse des potentiels européens et de leur répartition par pays montre que la sélection sera rude et que nous ne pourrons prétendre réussir que sur de l'ordre de deux à trois domaines qu'il faudra avoir le courage de choisir et de soutenir sur le long terme.

Un domaine s'impose de lui-même : l'Aéronautique et l'Espace, domaine où des actions de mutualisation et de coordination sont menées avec succès dans le cadre du Centre National de Recherche Technologique "Aéronautique et Espace".

Nous avons de formidables atouts dans les domaines des biotechnologies, de la micro-nanoélectronique et des Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication, atouts qui sont aujourd'hui trop dispersés et donc insuffisamment lisibles et visibles. Il faut cependant noter que des efforts ont été faits et couronnés de succès au niveau national : génopôle, cancéropôle, centrale de micro-nanotechnologie,. mais ces résultats qui nous donnent une place en finale nationale doivent être amplifiés pour assurer un podium national et européen.

En comparaison avec d'autres métropoles et d'autres régions françaises, on note que pour chacun de ses trois domaines Toulouse - Midi-Pyrénées n'occupent jamais la première place mais a la particularité unique d'être parmi les meilleurs dans les trois domaines. Lorsque l'on rajoute à cette rapide analyse comparative le fait que tout le monde s'accorde aujourd'hui à dire que c'est à l'interface de ces trois domaines que se feront les grandes découvertes et les créations d'emploi et de richesses de demain (Voir en particulier l'ouvrage « Third european Report on Science and Technology Indicators 2003 » de la Commission Européenne) la conclusion s'impose : le triangle « Bio-Info-Nano Technologies » est un domaine où Toulouse - Midi-Pyrénées peut prétendre au podium européen.

Depuis plusieurs mois, nous menons une réflexion prospective sur ce thème dans le cadre d'un groupe informel constitué de cinq scientifiques dont la compétence et la renommée internationale sont incontestables : Alain BOUDET, Jean CROS, Christian JOACHIM, Jean-Claude LAPRIE, et Bernard MEUNIER.

De cette réflexion sont issues plusieurs pistes dans l'objectif de « créer et d'assurer de manière souple et efficace des actions mettant en jeu trois équipes dans trois disciplines différentes ».

Toute prospective sérieuse doit s'appuyer sur l'existant qui est tout particulièrement important grâce aux actions déjà menées par de nombreux chercheurs dans cette direction, actions pas assez mises en avant et donc peu visibles. C'est cet existant que nous souhaitons vous faire partager lors de la journée du vendredi 28 novembre 2003 en espérant que vous serez nombreux à y participer afin que tous ensemble nous répondions à la question : que souhaitons nous pour Toulouse - Midi-Pyrénées en 2010 et quelles sont les actions à mener pour y aboutir ?

Alain Costes Vice-Président de l'ADERMIP

 

 
 

L'avis de cinq experts de Midi-pyrénées

Alain Boudet Professeur à l'Université Paul Sabatier et à Institut Universitaire de France - amboudet@smcv.ups-tlse.fr

1 - Quelle est votre vision de la position de Toulouse - Midi-Pyrénées au niveau national, européen et mondial dans votre domaine d'expertise ?
Les biotechnologies appliquées aux agrobiosciences et aux problèmes d'environnement occupent à Toulouse une position particulièrement forte.
Plusieurs domaines ont une très nette visibilité internationale tels que la microbiologie appliquée à l'agroalimentaire et à l'environnement, la génomique et génétique animale, la sécurité sanitaire des aliments (point de contact national) ou les biotechnologies végétales (y compris le centre national de ressources génomiques végétales). Dans ce dernier secteur, Toulouse occupe une place de leader mondial, par la masse critique et l'excellence, sur la thématique « connaissance et contrôle des interactions entre les plantes et les microorganismes ». Certains de ces domaines comme la microbiologie industrielle ont déjà réussi une intégration exemplaire de compétences : biologie, chimie, génie des procédés.débouchant sur l'application. Ces différentes expertises devront être de plus en plus exploitées pour répondre aux exigences du développement durable, une tendance lourde qui va contribuer à « refaçonner » nos sociétés.

2 - Quelle est votre opinion sur les potentialités de Toulouse - Midi-Pyrénées pour réussir la transdisciplinarité « Bio-Info-Nano-Technologies » ?
Les ressources intellectuelles du tissu scientifique toulousain sont extrêmement riches et diversifiées. Dans une période où la focalisation des efforts et le poids de l'image sont importants, il sera difficile de prétendre mener de front et afficher au même niveau tous les secteurs. En contrepartie, le profil équilibré des forces scientifiques au plan local autorise une exploitation volontariste de l'interdisciplinarité, source de ruptures scientifiques et d'innovation technologique.
Plusieurs facteurs doivent faciliter cette évolution :

  • la structuration sur le site de la biologie, au cours de ces dernières années, en grands instituts et en réseaux labellisés au plan national : Génopôle, Cancéropôle.
  • la motivation des partenaires et la qualité du dialogue qui s'est établi lors des concertations entre différents champs scientifiques en vue de la création de l'Institut des Technologies Avancées des sciences du Vivant (ITAV).

Ces éléments conjugués montrent une maturation des esprits et un sens des responsabilités des acteurs scientifiques augurant de la réussite d'opérations transdisciplinaires ambitieuses permettant une différenciation de Toulouse et sa région dans un environnement concurrentiel.

3 - Quelles sont vos propositions d'actions pour développer et accroître ces potentialités et placer notre ville et notre région en tête des régions européennes dans ce nouveau paradigme ?
Deux objectifs sont à mener en parallèle :

  • Développer la recherche thématique d'excellence porteuse d'avancées cognitives indispensables.
  • Mieux exploiter la valeur intellectuelle du site Toulousain dans une optique d'intégration de compétences et de clarification d'objectifs.

Des démarches complémentaires peuvent permettre d'atteindre ces objectifs :

  • Mettre en place une véritable politique de site tout d'abord par une concertation approfondie entre EPST (Etablissement Public à caractère Scientifique et Technologique) et Universités puis par une concertation élargie aux collectivités territoriales et au milieu industriel.
  • Engager rapidement des opérations originales du type de l'ITAV « amplificateur et facilitateur d'interdisciplinarité » qui induiront une forte dynamique et mettront Toulouse en première ligne des initiatives visant à l'innovation au plan européen.

 

Jean Cros Professeur Emérite UPS - cros@ipbs.fr

1 - Quelle est votre vision de la position de Toulouse - Midi-Pyrénées au niveau national, européen et mondial dans votre domaine d'expertise ?
Toulouse - Midi-Pyrénées possède un potentiel de recherche « médico-pharmaceutique » de tout premier ordre. Il s'appuie sur une excellente recherche dans les sciences du vivant et il bénéficie de la présence de plusieurs industries de santé très performantes.
Globalement sur le plan de la recherche biologique, Toulouse - Midi-Pyrénées se place en 3ème ou 4ème position des régions françaises et se situe dans le peloton de tête en biologie moléculaire, en biologie du développement et leurs applications en microbiologie, en pharmacologie et en neurosciences ; de gros efforts sont faits depuis peu en génétique et en immunologie. La participation du secteur santé au génopôle de Toulouse et la création du cancéropôle du Grand sud-ouest dans lequel Toulouse est leader - concrétisant cette position. La présence de Sanofi-Synthélabo et du Groupe Pierre Fabre, le nombre relativement important de jeunes pousses créées depuis 3 ans dans le domaine des sciences et technologies de la santé complète la position de Toulouse - Midi-Pyrénées.
Néanmoins, cette vision peut-être trop idyllique, n'est pas sans crainte pour l'avenir si le paysage scientifique n'évolue pas vers un recentrage afin de bénéficier d'une vision stratégique partagée, source d'une grande visibilité. En effet, la dispersion de ce potentiel tant du point de vue géographique que surtout du point de vue structurel et thématique altère quelque peu l'image de marque Toulouse - Midi-Pyrénées.
Au niveau européen et mondial, il est difficile de situer Toulouse dans ce vaste domaine d'activités. Plusieurs équipes sont excellentes comme en témoigne la qualité de leurs publications et leur participation (voire leur leadership) dans les programmes européens du 6ème Programme Cadre de Recherche et Développement ( PCRD ).

2 - Quelle est votre opinion sur les potentialités de Toulouse - Midi-Pyrénées pour réussir la transdisciplinarité « Bio-Info-Nano-Technologies » ?
La réflexion en cours sur la transdisciplinarité « Bio-Info-Nano-Technologies » peut aboutir à la production d'une image cohérente de notre ville et la positionner au niveau européen.
La révolution biologique que nous vivons est propice à ce rapprochement multidisciplinaire. Les produits de santé (médicaments, outils de diagnostics, matériels chirurgicaux, etc... ) nécessitent pour leur élaboration de nouveaux concepts allant de la mathématique, à la chimie, en passant par l'informatique, la physique, l'automatisme. Les nanosciences et nanotechnologies ouvrent la voie à la recherche du futur. Toulouse - Midi-Pyrénées est bien placé pour réussir ce pari et déjà des projets concrets sont engagés. Néanmoins, il faudra que, dans ce vaste domaine, Toulouse trouve sa niche et rationalise son action.

3 - Quelles sont vos propositions d'actions pour développer et accroître ces potentialités et placer notre ville et notre région en tête des régions européennes dans ce nouveau paradigme ?
On ne peut en effet être excellent dans tous les domaines de la recherche biologique, en médecine et en santé en général. Il devient nécessaire d'être compétitif. Il faudra donc faire des choix et créer une structure unique, transparente, pour « gérer » cet immense potentiel de recherche dans un cadre nouveau et en se basant sur des projets à finalité très claire et à durée de vie limitée. L'effort de la communauté biologique et médicale pour créer un cancéropôle interrégional est un exemple à suivre. La Cité des biotechnologies associant l'Institut des Technologies Avancées en Sciences du Vivant (ITAV) est la structure qui semble être la plus apte pour que Toulouse atteigne la reconnaissance qui lui manque, en présentant un plan stratégique de site.
Il faut donc imaginer des solutions nouvelles pour briser les cloisonnements, revoir les frontières de nos institutions et mettre vite en chantier une rénovation très profonde dans les objectifs et l'organisation de la recherche. Il ne faut pas oublier que l' « on ne répond pas aux besoins de demain avec des recettes d'avant-hier » (Jérôme Monod).

 

Christian Joachim Directeur de Recherche CNRS - joachim@cemes.fr

1 - Quelle est votre vision de la position de Toulouse - Midi-Pyrénées au niveau national, européen et mondial dans votre domaine d'expertise ?
Notre région à une longue tradition en chimie et en microscopie : souvenons-nous de Paul Sabatier et aussi des toutes premières images d'objets moléculaires en microscopie électronique obtenues dans les années 60 à Toulouse. De nos jours, chimie et microscopie sont toujours étroitement liées en Midi-Pyrénées. Bien sûr, la microscopie a évolué. Les molécules peuvent maintenant être imagées mais aussi touchées, manipulées une à une avec un microscope à effet tunnel. Le chimiste de synthèse propose maintenant des molécules qui vont permettre l'ultra- miniaturisation de beaucoup de machines comme un microprocesseur, un moteur ou un appareil de mesure. Dans ce domaine des nanosciences pures, Toulouse possède une bonne longueur d'avance sur d'autres régions françaises et développe des compétences reconnues mondialement dans la conception, la synthèse et l'observation des premiers prototypes de nano-machines. Nos savoir-faire se diffusent largement en Europe au travers de nombreux contrats européens. Le Diplôme d'Etudes Approfondies Nanosciences, Nanomatériaux et Nanotechnologies (DEA 3N) est unique en France dans la formation dispensée aux étudiants en nanosciences et en nanotechnologie. Dans le Contrat de Plan, « Nanosciences, nano-matériaux et nanotechnologies » sont à la pointe depuis les nanosciences dures jusqu'à la palette des nanotechnologies appliquées à la micro-électronique et aux nano-matériaux.

2 - Quelle est votre opinion sur les potentialités de Toulouse - Midi-Pyrénées pour réussir la transdisciplinarité « Bio-Info-Nano-Technologies » ?
Que font ensemble à Toulouse des médecins spatiaux, des astrophysiciens, des chimistes, des ingénieurs en structure, en télécommunication. quand ils préparent une mission spatiale ou un satellite de télécommunication : il joue en transdisciplinaire. Ici dans le Triangle, notre chère transdisciplinarité toulousaine s'appliquera à l'espace intérieur. Le nano-monde est à explorer et à utiliser maintenant. Ses nano-machines sont multiples et nos molécules auront des missions à l'unité. Par exemple en ce début de siècle, les « machines » à la mode sont la cellule vivante et le micro-processeur. La cellule vivante est macro-moléculaire dans sa structure intime et moléculaire pour une grande partie des signaux cellulaires échangés. Le microprocesseur (et sa convergence avec le domaine des télécommunications) atteindra le niveau moléculaire dans le futur. D'ailleurs, nous avons déjà atteint le macromoléculaire dans nos laboratoires. J'ajouterais le développement durable aux domaines de la biologie et de l'information. Ici, la science des matériaux deviendra nano-matériaux pour s'assurer en particulier de leur bio-compatibilité et forcement un jour pour inventer des technologies de production et de recyclage moléculaire.
Notre transdisciplinarité vient de la racine commune à tous ces domaines d'activité : le moléculaire et la maîtrise des technologies de manipulation et de fabrication au nanomètre et même sub-nanométrique. C'est en Midi-Pyrénées que cette racine commune est en train de grandir.

3 - Quelles sont vos propositions d'actions pour développer et accroître ces potentialités et placer notre ville et notre région en tête des régions européennes dans ce nouveau paradigme ?
Il faut modifier le cercle des habitudes universitaires trop souvent ancrées sur des chapelles antérieures, même si certaines traditions font souvent la force d'une région. Diffusons les micro et nanotechnologies chez nos partenaires de l'industrie et des PME! Accueillons des chercheurs en partenariat! Il faudrait voir d'avantage de tee-shirts Motorola, EADS, Siemens, Sanofi, IBM ou Fujitsu. dans nos laboratoires et de tee-shirts du CNRS, de l'INSERM. dans ces entreprises!
En micro et nanotechnologie, Midi-Pyrénées a été reconnue comme l'un des 5 pôles nationaux. On ne le sait pas assez en Midi-Pyrénées. Il faut le faire savoir, bâtir au-delà des parcelles pré-découpées, ouvrir nos salles blanches aux projets mixtes, recenser les besoins des universitaires, des industriels, des PME, aller au contact des entreprises innovantes. Décryptons dans chaque industrie locale les transformations possibles micro puis nano. ! Créons des extracteurs de technologie chargés de construire des passerelles! Dans le modèle français, la recherche académique alimente nos industries. Forçons donc le partage des sauts technologiques vers le nano-monde.

 

Jean-Claude Laprie Directeur de Recherche CNRS - laprie@laas.fr

1 - Quelle est votre vision de la position de Toulouse-Midi-Pyrénées aux niveaux national, européen et mondial dans votre domaine d'expertise ?
Notre région fait, tant numériquement que qualitativement, partie du trio de tête de la recherche française en Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication ( STIC ), avec l'Ile-de-France et Rhône-Alpes. Parmi les nombreux critères qui appuient cette affirmation, pour n'en retenir qu'un, figure la capacité des chercheurs à attirer des congrès internationaux prestigieux. La tenue à Toulouse du World Computer Congress en août 2004 est une illustration emblématique de cette capacité. La formation en STIC est également au meilleur niveau, et culmine pour les études doctorales avec quatre écoles doctorales, qui couvrent l'ensemble du champ des STIC.

2 - Quelle est votre opinion sur les potentialités de Toulouse pour réussir la transdiciplinarité nano-, bio-, info-technologies?
Toulouse possède incontestablement les potentialités nécessaires, avec des laboratoires qui comportent des équipes de deux des disciplines (en l'occurrence, nano et info, bio et info), et une pratique de la collaboration transdisciplinaire entre équipes de laboratoires différents, en nano-bio et info-bio.

3 - Quelles sont vos propositions d'actions pour développer et accroître ces potentialités et placer notre région en tête des régions européeenes dans ce nouveau paragdime ?
Premièrement, avoir des actions associant les trois disciplines, donc allant au-delà des collaborations bipolaires existantes.
Deuxièmement, passer du stade de collaborations entre équipes qui restent dans leurs laboratoires pour aller vers des équipes pluri-disciplinaires intégrées, travaillant ensemble au jour le jour. La trandisciplinarité, pour être effective, doit se pratiquer de façon continue, afin qu'une véritable acculturation prenne place. Tout ceci, dans quel objectif ? Affronter les défis de demain, et générer de nouveaux savoirs, donc de nouvelles richesses. D'ores et déjà, les sciences du vivant, et tout particulièrement la santé, ne sauraient se passer des STIC. A leur tour, les STIC de demain reposeront sur les nanotechnologies, et s'inspireront des organisations vivantes.

 

Bernard Meunier Directeur de Recherche CNRS - bmeunier@lcc-toulouse.fr

1 - Quelles est votre vision de la position de Toulouse - Midi-Pyrénées au niveau national, européen et mondial dans votre domaine d'expertise ?
La formation et la recherche en chimie à Toulouse et en Midi-Pyrénées se portent bien. La formation se fait au meilleur niveau grâce aux écoles de chimie et aux laboratoires performants qui assurent une grande qualité dans la formation des jeunes ingénieurs et chercheurs. De par la position centrale de la chimie dans les sciences de transfert, la formation des futurs cadres de la chimie prend en compte cette dimension et conforte l'ouverture de la chimie vers les différents aspects de la physique et de la biologie. C'est ainsi que la chimie s'est tournée très naturellement depuis quelques années vers le monde des nanotechnologies. La "nanochimie" se développe dans plusieurs laboratoires toulousains !

2 - Quelle est votre opinion sur les potentialités de Toulouse - Midi-Pyrénées pour réussir la transdisciplinarité « Bio-Info-Nano-Technologies » ?
Parmi les différents aspects de la "nanochimie" à Toulouse, citons les dendrimères, objets de taille très modulables et pluri-fonctionnels, et les nanomatériaux. Cette nanochimie va permettre de développer les innovations à l'interface de la physique et de la biologie. Les "biopuces", objet du monde du nanomère construit sur des lames de petites dimensions permettent par exemple de faire du diagnostic sur différents agents infectieux en même temps et de manière rapide, sans mettre en culture ces vecteurs pathogènes.

3 - Quelles sont vos propositions d'actions pour développer et accroître ces potentialités et placer notre ville et notre région en tête des régions européennes dans ce nouveau paradigme ?
Pour assurer l'innovation dans le domaine des nanotechnologies, il devient essentiel de créer et d'assurer de manière souple et efficace les actions mettant en jeu trois équipes de trois disciplines différentes ; il y a 10-15 ans, il était possible de se contenter de collaborations entre deux équipes ! Ce jeu d'équipes devient d'autant plus difficile que les enjeux et les défis technologiques vont être essentiels pour le développement de l'innovation dans les 10-15 prochaines années et, en conséquence, pour assurer la création d'emplois dans cette industrie des nanotechnologies. C'est un enjeu important. Seuls quelques pays vont réussir, laissant les autres en chemin, comme de simples pays de sous-traitance ou de consommation des objets créés.
L'agglomération toulousaine et la région Midi-Pyrénées ont montré le chemin de la réussite dans le domaine de l'aéronautique et du spatial. Ceci ne doit pas être un exemple isolé. Il faut le décliner dans d'autres domaines industriels pour assurer la pérennité d'une activité économique de haut niveau, seule garantie d'un niveau de vie élevé pour notre région et notre pays.

 

 
 

Programme de la journée du 28 novembre 2003
Organisée par l'ADERMIP

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Dans le cadre de la Cité des Biotechnologies
à l'INSAT - Amphi VINCI

08h30-09h00

Accueil - Remise des documents
Accueil par Louis CASTEX, Directeur de l'INSA Toulouse
Bienvenue par Roland MORANCHO, Président de l'ADERMIP
Ouverture par : le Maire de Toulouse et le Président du Conseil Régional Midi-Pyrénées

09h30-09h40

Présentation de la journée : Alain COSTES

09h40-10h40

Session « Point de vue Nanotechnologies » 
Président-Animateur : Christian JOACHIM

Nanosciences et nouvelles technologies :
Christian JOACHIM
Nano-matériaux et micro-électronique :
Alain CLAVERIE CEMES
Chimie et Physique sur une molécule :
André GOURDON CEMES
Débat-Synthèse

11h00-12h00

Session « Point de vue Biotechnologies »
Président-Animateur : Alain BOUDET

Agrobiosciences : ruptures technologiques et développement durable :
Alain BOUDET
Les Biopuces ; un exemple d'interactivité réussie :
Jean-Marie FRANCOIS Laboratoire de Biotechnologies et Bioprocédés
Le programme européen «légumineuses à graines» : génomique et informatique au service de l'agriculture :
Jean DENARIE Laboratoire des Interactions Plantes Micro-organismes
Débat-Synthèse

12h00-13h00

Session « Point de vue Infotechnologies »
Président-Animateur : Jean-Claude LAPRIE

Apports et défis réciproques des info-technologies et des nano- et bio-technologies :
Jean-Claude LAPRIE
L'apport des micro/nanotechnologies aux sciences du vivant :
Christophe VIEU LAAS
Bio-informatique : enjeux et contexte :
Christine GASPIN INRA
Débat-Synthèse

13h45-14h45

Session « Point de vue Chimie »
Président-Animateur : Bernard MEUNIER

Nanochimie :
Bernard MEUNIER
Dendrimères et nanotechnologies :
Jean-Pierre MAJORAL LCC
Chimie et nanoparticules :
Bruno CHAUDRET LCC : présentation 1 / présentation 2
Dendrimères et Biopuces :
Emmanuelle TREVISIOL Centre de Bioingénérie Gilbert Durand
Débat-Synthèse

14h45-15h45

Session « Point de vue Santé »
Président-Animateur : Jean CROS

Les nanotechnologies ouvrent-elles la voie à la médecine du futur ?
:
Jean CROS
dans le domaine de la recherche biomédicale : l'exemple de la nanovideoimagerie :
André LOPEZ IPBS
dans le domaine de la découverte de nouveaux médicaments : l'exemple du criblage pharmacologique :
Frédéric AUSSEIL IRPF
dans le domaine du diagnostic et du traitement des maladies : l'exemple de la cancérologie :
Gilles FAVRE INSERM - Centre Claudius Régaud
Débat-Synthèse

16h00-16h15

Présentation de l'ITAV : Alain BOUDET

16h15-16h30

Présentation de la Cité des Biotechnologies : Daniel PARDO

16h30-18h00

Table ronde « Point de vue des industriels »
Michel CARLUS, Président Directeur Général de SINTERS
Christian DESMOULINS, Président du Directoire d'ACTIELEC TECHNOLOGIES
Denis GRIOT, Directeur Général de MOTOROLA-SEMICONDUCTEURS EUROPE
Agnès LE SAUX-NARJOZ, Directeur Général d'ENDOCUBE
Jean-Pierre MAFFRAND, Directeur Scientifique de SANOFI SYNTHELABO RECHERCHE
Dominique PERRET, Président de l'ASEDIS-SO
Bernard POLI, Directeur de RECIF
Jean-Marc THOMAS, Secrétaire Général d'Airbus France, Directeur de l'établissement de Toulouse
Dr Jean-Louis VIDALUC, Directeur adjoint du Centre de Recherche Pierre FABRE de Castres.

18h00-18h15

Conclusions - Prospective